Au bonheur des ogres, Daniel Pennac.
- loudebergh
- il y a 19 heures
- 2 min de lecture

Il n’existe pas plus grand plaisir de lecture que la saga des Malaussène de Daniel Pennac. Jouissif, j’ose le mot. Du Bonheur des ogres, premier volet du nom, on se gave jusqu’à plus faim, on se repait même et on en redemande. Une telle folie dans la langue, une telle drôlerie, une si belle liberté! C’est brillantissime, tout simplement. Pas une ombre au tableau, un point c'est tout.
On termine le tome 1 et voilà que l’on court chercher le 2. Parce que la malice est douce, l’intelligence au tournant,
que c’est le bonheur, tout simplement.
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Côté famille, maman s’est tirée une fois de plus en m’abandonnant les mômes, et le Petit s’est mis à rêver d’ogres de Noël. Côté cœur, tante Julia a été séduite par ma nature de bouc (de bouc émissaire). Côté boulot, la première bombe a explosé au rayon jouets, cinq minutes après mon passage. La deuxième quinze jours plus tard, au rayon des pulls, sous mes yeux. Comme j’étais là aussi pour l’explosion de la troisième, ils m’ont tous soupçonné. Pourquoi moi? Je dois avoir un don…
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Lu il y a 15 ans, relu en quelques heures le double d’années en poche, c’est aujourd’hui que je prends conscience de la magie de ce texte. Je l’avais adoré adolescente, je lui voue un culte maintenant. Parce qu’aujourd’hui, je comprends ce dont il est le fruit et je prends la mesure de son caractère éminemment romanesque, ainsi que de son importance dans ce grand pavillon qu'est la littérature.
Comme les comédies au cinéma, les livres drôles ont rarement la cote. Ils sont jugés simplistes et remplis de bons sentiments. Mais celui-là! Ceux-là devrais-je dire car toute la série des Malaussène est de cette trempe! Comment ne pas y voir la magie, le sublime, l’amour dans sa plus pure acception? La main du divin, que dis-je! – d’un immense auteur tout du moins, c’est certain.
J’aime le ton de Benjamin Malaussène, sa folie douce et la tendresse qu’il voue aux siens. Je porte aux nues cette tribu fantasque et grandiose, si pure et si foutraque. Je m’émerveille de cet enchainement de péripéties digne des plus grandes histoires.
Les médecins devraient songer à prescrire du Pennac. Un petit coup de mou? Lisez Au bonheur des ogres! Le ciel sera plus bleu, l’air plus doux et les gens amoureux! Parce que la poésie c’est bien beau, mais il n’y a pas à dire, quand elle se loge entre deux éclats de rires, elle est tout ce qu’il y a de plus jubilatoire.
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